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Prix jeune chercheur ou chercheuse de l'année

Récipiendaire 1999 - Susannah Scott

Susannah ScottPlusieurs scientifiques de renom ont récemment associé l'étude des catalyseurs chimiques hétérogènes à de la « magie noire ». Loin d'en être intimidée, la professeure Susannah Scott, une experte canadienne dans le domaine, cherche à faire une science de cet art incompris. Et elle y réussit puisque l'Université d'Ottawa lui a attribué le titre de Jeune chercheuse de l'année 1998.

Identifiée par Maclean's dans son édition spéciale de juillet 1997 comme étant l'une des « 100 Canadien(ne)s à surveiller », Mme Scott a reçu des appuis financiers importants de divers groupes industriels et ses travaux intéressent des chercheurs en Amérique du Nord et en Europe. « L'Université est fière des réalisations de Susannah Scott. Sa contribution à la recherche est extraordinaire. Elle n'a pas peur d'innover en tant que professeure et elle est une excellente promotrice auprès du public de la valeur et de l'importance de la démarche universitaire » souligne le vice-recteur à la recherche, M. Howard Alper.

Cette « magie noire » que Mme Scott tente d'organiser en une science plus exacte n'est pas à négliger dans le paysage industriel nord-américain. La catalyse, c'est la modification de la vitesse ou de la sélectivité d'une réaction chimique sous l'effet d'une substance qui sera elle-même régénérée lors de la réaction. Il s'agit d'un processus essentiel dans plusieurs domaines dont l'alimentation, la production énergétique, la fabrication des matériaux et les produits pharmaceutiques. Son impact économique se situerait à mille milliards de dollars américains par année.

« Il n'y a pas de démarche formelle pour déterminer qu'un catalyseur x accélérera une réaction y. Nous voulons systématiser la recherche. La clé du problème est de trouver les « sites actifs », c'est-à-dire les endroits à la surface d'un solide où le phénomène de catalyse se produit. Ils sont minuscules et perdus dans un océan de sites non-actifs. L'approche traditionnelle consiste à les chercher dans cet océan. La plupart des découvertes de nouveaux catalyseurs se font ainsi par hasard. Nous proposons de «préparer» isolément les sites actifs et donc de déterminer à la fois le site actif et la réaction qu'il favorise ».

Modestement, Mme Scott affirme que l'attention qu'on porte à sa recherche vient de la nature du domaine qu'elle étudie plus que de la qualité de son travail. « L'analyse des sites actifs est un sujet chaud. C'est beaucoup plus facile de faire sa réputation dans un secteur comme celui-là ». Son ambition? « J'aimerais transformer le domaine tel qu'il est maintenant, c'est-à-dire très empirique et très désorganisé, en un domaine plus rigoureux. Et si je deviens connue pour ça, je serai très contente. »

Susannah Scott est une habituée des honneurs. En 1994, elle a remporté le prix John Charles Polanyi et, la même année, le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada lui a versé une importante subvention en vertu du Programme de professeures boursières, qui a permis de créer son poste à l'Université d'Ottawa. Deux années de suite, en 1998 et en 1997, elle a reçu le prix de l'innovation de la compagnie Union Carbide. En 1997, la Research Corporation des États-Unis lui a attribué la bourse Cottrell.

Mme Scott a obtenu plus d'un million de dollars en subventions de recherche depuis son arrivée à l'Université. Elle a dirigé une vingtaine d'étudiantes et d'étudiants dans des projets de recherche et elle a mis sur pied deux nouveaux cours dans sa faculté.

De plus, durant ses études doctorales à l'Université de l'État de l'Iowa, Mme Scott était premier hautbois de l'orchestre symphonique de l'État de l'Iowa. Elle étudie toujours l'instrument sous la direction de Francine Schutzmann de l'orchestre du CNA.

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Dernières modifications : 2010.09.08