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Le chercheur Luke Copland de l’Université d’Ottawa et ses collègues signalent la perte d’un immense plateau de glace
OTTAWA, le 3 septembre 2008 — Une équipe de scientifiques à laquelle participe Luke Copland, directeur du Laboratoire de recherche sur la cryosphère de l’Université d’Ottawa, signale que le plateau de glace Markham, d’une superficie de 50 km2, s’est détaché de la côte au début du mois d’août et dérive maintenant sur l’océan Arctique. Le plateau de glace Serson a aussi perdu deux grands morceaux, ce qui l’a amputé de 60 p. 100 (122 km2) de sa superficie.
Après son vêlage fort médiatisé en juillet dernier, le plateau de glace Ward Hunt a poursuivi sa désintégration et perdu 22 km2 de plus. La perte totale de superficie des plateaux de glace pour l’été 2008 s’élève à 214 km2, ce qui équivaut à trois fois l’île de Manhattan. Les morceaux à la dérive se sont eux-mêmes brisés en de multiples « îles de glace » (icebergs tabulaires) au destin incertain.
« Des conditions de glace moins intenses et des températures atmosphériques inhabituellement élevées ont facilité les ruptures de cet été », explique Luke Copland. « Et les fissures importantes observées sur ce qu’il reste du plus grand plateau, Ward Hunt, indiquent qu’il continuera à se désintégrer au cours des prochaines années. » En conséquence, le Parc national de Quttinirpaaq, situé au point le plus au nord du Canada, pourrait bientôt voir disparaître son dernier plateau de glace après avoir perdu le plateau Markham cet été.
Selon Derek Mueller, qui étudie le Grand Nord canadien à titre de fellow du Roberta Bondar Fellow in Northern and Polar Studies (Trent University), ces changements sont irréversibles dans le climat actuel et indiquent que les conditions environnementales qui ont préservé l’équilibre de ces plateaux de glace pendant 4 000 ans ont changé.
Cette recherche a été entreprise en collaboration avec le Service canadien des glaces. Elle a bénéficié du soutien logistique de l’Étude du plateau continental polaire (Ressources naturelles Canada) et des Rangers canadiens (Défense nationale Canada). Luc Hardy, de Pax Arctica (initiative à laquelle participe la Croix verte internationale), a fourni l’imagerie satellitaire. Enfin, ArcticNet, la Fondation canadienne pour l’innovation et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada ont apporté une contribution financière.
Les plateaux de glace de l’île d’Ellesmere sont formés de glace marine, de neige accumulée et, dans certains cas, de glace glaciaire. Comptant jusqu’à 4 500 ans d’âge et d’une épaisseur d’environ 40 mètres, ces formations naturelles sont très différentes de la glace marine ordinaire. Au cours du siècle dernier, le Canada a perdu plus de 90 p. 100 de ses plateaux de glace, surtout lors d’une période chaude au cours des années 1930 et 1940. Or, les températures dans l’Arctique sont encore plus élevées aujourd’hui qu’elles ne l’étaient à l’époque. Les plateaux de glace sont entrés dans une nouvelle période de ruptures en 2002.
Pour de plus amples renseignements, visitez le site du Service canadien des glaces [site externe] et la Trent University [site externe - en anglais seulement].


